• Rubrique
  •   Poésie

    Orientations

    Cet axe développera sa recherche sur le fait poétique en lui-même et ses manifestations dans le domaine enfance-jeunesse.

    Il ne s’agit pas en effet de considérer de manière fondamentalement distincte la poésie « pour la jeunesse », mais de partir de l’idée que la poésie est une expérience commune. On pourrait même dire que la poésie est en quelque sorte le genre « attrape-tout » — et non le roman comme il est dit souvent. Un colloque à l’université de Lyon 2 voilà une dizaine d’année avait d’ailleurs pris la question de la poésie sous cet angle.

    Mais parler de « genre » est se situer uniquement du côté de l’analyse esthétique des œuvres. Nous pourrons aussi aborder la poésie du point de vue du processus de création.

    L’enjeu nous semble important, notamment dans le domaine enfance-jeunesse car il devrait permettre d’apporter de nouveaux éclairages sur les autres genres que sont notamment le roman et l’album.

    Fondé sur des réflexions théoriques initiales et menées en parallèles, cet axe de recherche doit permettre de réaliser l’inventaire de qu’on appelle « la poésie » dans le champ jeunesse :

    - le mot « poétique » n’est il pas employé à temps et à contre temps dans les analyses ? Qu’appelle-t-on « poétique » quand on qualifie ainsi un texte ? Est-ce un concept opérationnel ou un mot vide de sens qui permet d’éviter de préciser contenus et impressions données par un texte ?

    - la poésie fait elle référence à une attitude profonde devant la langue, ou à une approche par genre, et même à une approche bien limitée à un genre (il semble que l’on confonde encore rime et poésie dans certaines sphères des spécialistes de la langue française).

    - l’analyse de ce qui est appelé poésie ne peut faire l’impasse sur un inventaire le plus large possible des productions réalisées dans le domaine jeunesse. On appuiera cette analyse sur trois axes majeurs :
    • les anthologies, mémoire de ce que les adultes considèrent comme constituant l’essentiel de ce qu’un enfant doit retenir de la réalité poétique du moment. On examinera notamment le point de vue général que cette sélection permet d’entrevoir : vision formelle, vision patrimoniale ? Vision rapport créatif à la langue ?
    • les collections de poésie destinées à l’enfance ou à la jeunesse : quels auteurs (et leur place sur le champ général de la poésie), quelles thématiques ?
    • les usages culturels de la poésie auprès des enfants. Il serait intéressant d’analyser les actions des maison de poésie envers l’enfance (spectacles, poètes en résidence, soirées-lecture, ateliers d’écriture,…), le réseau international de la fédération des maisons de poésie, existants en Europe mais aussi dans plusieurs pays du Sud (Casablanca, Bahrein,…) constituant une logique sans doute significative).

    - l’économie du livre de poésie : souvent proposée par des micro-éditeurs la poésie contemporaine pour l’enfance et la jeunesse est-elle reprise également par les « grands éditeurs », après succès (on analysera sous cet angle le catalogue de quelques maisons d’importance en littérature) ?

    - la poésie à l’école. A ce sujet deux axes d’analyse :
    -* les anthologies spécifiques et ouvrages pédagogiques sur la question
    -* les pratiques enseignantes effectives (lecture, place encore du « par cœur », ateliers d’écriture,…)
    - l’influence des nouvelles attitudes culturelles sur l’évolution des propositions de poésie auprès des jeunes :
    -* relation au slam, oralités contemporaines
    -* la place du numérique
    -* la poésie et l’album. Il ne s’agit pas tant de s’interroger sur les images que de concevoir une autre approche du texte d’albums dans nos analyses. L’écriture d’album est-elle enrichissement du monde de la poésie, est-elle recyclage de textes anciens, est-elle prétexte à offrir aux illustrateurs un champ de création, comme l’est aussi nombre de contes et autres textes du patrimoine

    Le groupe de recherche pourra publier en ligne ou sur papier ses travaux, faire connaître les travaux intéressants ce champ, et les sources disponibles. Il pourrait aider à la création de bases de données, voire constitution de fonds accessibles sur les micro éditeurs qui ne sont pas toujours répertoriés au dépôt légal. Il faut savoir que les tirages moyens sont de plus en plus faibles, d’autant plus avec la possibilité de retirages numériques. Et que répertorier les sites poétiques est un chantier considérable. En ce qui concerne le dépôt légal, la France a modifier sur plusieurs points le fonctionnement de celui-ci voilà quelques années : désormais le dépôt légal n’est plus obligatoire en dessous de 300 exemplaires. Cela risque de rendre invisible une grande part de la production contemporaine.

    Membres du groupe :

    Jean Foucault (université de Cergy)
    Gharraa Mehanna (université du Caire)
    Françoise Nicol (université de Nantes)

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  •   Perspectives 2009-2011

     

    Echéances Consultation jusqu’au 15 janvier pour adhésion au groupe de recherche. Chaque collègue intéressé doit le faire savoir, en précisant le domaine sur (...)