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  Colloque : SORCELLERIE, ÉCRIT, IMAGES

Colloque international organisé par l’université de Pau et des Pays de l’Adour les 27 et 28 mars 2009

Colloque international des 27 et 28 Mars 2009

SORCELLERIE, ÉCRIT, IMAGES

Université de Pau et des Pays de l’Adour (site de Pau et de Bayonne), France organisé par : CREPAO – ITEM - CRPHL – GRALP- RAE/MSH-Paris

Ce colloque international s’inscrit dans la suite des rencontres scientifiques interdisciplinaires et transversales organisées successivement en 2005, 2006 et 2007 par les chercheurs et enseignants-chercheurs du « Centre de Recherche et d’Etude des Pays de l’Afrique Orientale (CREPAO), du « Centre de Recherches Poétiques et d’Histoire Littéraire »(CRPHL), du laboratoire « Identités, Territoire, Expressions, Mobilités, » (ITEM), du GRALP de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et du Réseau « Acteurs émergents » de la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) de Paris. Les thèmes ont porté sur les « Les intellectuels à travers la mondialisation, trajectoires, réseaux, modes d’action, productions », sur « Le peuple comme objet, sujet ou destinataire du discours littéraire et artistique » et sur « Le statut de l’écrit. Europe-Afrique-Amériques ». Cela a été l’occasion de réfléchir sur le rôle et la fonction de l’intellectuel ; de mettre en évidence la pluralité des figures d’intellectuels populaires, la multiplicité de leurs productions écrites et orales ; ainsi que de s’interroger sur les ressources propres de l’écrit par rapport à l’image, aux nouvelles formes d’expression orales, aux relations de concurrence ou de complémentarité qu’il entretient avec elles.

Le prolongement des discussions les 27 et 28 mars 2009 à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour autour de la question de la sorcellerie, ses rapports à l’écrit, aux représentations artistiques, idéologiques et politiques permettra d’appréhender un objet d’étude récurrent dans le champ des sciences sociales et humaines. En effet, la sorcellerie fut longtemps associée au monde rural et à l’oralité. Cela n’est plus guère le cas. Depuis une quinzaine d’années, les études sur la sorcellerie, en Afrique, en Europe et en Amérique se sont multipliées montrant son omniprésence, en particulier dans les secteurs de la « modernité » comme les villes. Certains chercheurs ont même interprété la sorcellerie comme un mode d’acclimatation et de vernacularisation de l’État. Elle se serait également nichée dans les domaines les plus complexes et internationalisés du capitalisme. Elle était aussi traditionnellement associée à l’oralité car la sorcellerie est toujours en lien avec une situation d’énonciation. Or, au coeur de cette modernité, on retrouve inévitablement l’écrit.

On sait depuis les travaux de J. Goody que les modes de communication oraux et écrits ont des effets différents sur la religion, le droit, le fonctionnement de l’économie mais aussi, peut-on penser la sorcellerie ? Dans quelle mesure la “raison graphique” qui “étudie l’incidence de la représentation graphique du langage sur la formation des processus cognitifs” (Privat, 2007:10) fait évoluer les modalités de la sorcellerie contemporaine ? Ce type d’approche devrait permettre entre autre, une appréhension originale de l’État colonial et post-colonial, notamment dans ses fonctions de “transformateur sacral” (M. Gauchet). Comment les Églises, grandes importatrices de l’écrit en Europe, Afrique et Amérique considèrent les usages que la (les ?) sorcellerie fait des pouvoirs et savoirs de l’écrit ? (J. Tonda). Est-ce que l’écrit change la relation sorcellaire, notamment en permettant un élargissement de l’audience ? Comment la sorcellerie est-elle appréhendée dans les arts ? Quelles images véhiculent-elle ? Mais la sorcellerie est aussi parole qui n’est ni de savoir ni d’information mais de pouvoirs. Il serait aussi intéressant de s’interroger sur la manière dont la parole sorcellaire écrite devient un enjeu de pouvoir et sur les modalités de sa légitimation. Il conviendrait aussi de préciser quel type d’écrit est susceptible de devenir support de pratiques sorcellaires et à quel type de savoir il réfère.

Cependant indépendamment du recours à l’écrit comme support de pratique, la sorcellerie fait aussi l’objet de représentations littéraires écrites qui la mettent en scène et la font fonctionner doublement comme système théorique explicatif du monde ou, au niveau de l’expérience quotidienne, comme pratique (X. Garnier). La force de ces représentations est de permettre d’avoir accès à une certaine vérité de la sorcellerie. En effet, contrairement au discours anthropologique qui se situe vis-à-vis d’elle dans une position d’extériorité lui permettant d’émettre des hypothèses socio-culturelles sur les cultures ou les sociétés où la sorcellerie prend place, le discours romanesque obéit à d’autres visées. Il adjoint au réel représenté, une partie invisible où se trouve la cause de la motivation de ce réel. La réflexion pourrait donc aussi porter sur les représentations littéraires des faits de sorcellerie et sur leurs enjeux (génériques ou non).

Ce sont autant de questionnements parmi d’autres qui sollicitent les compétences de diverses sciences sociales. Si, à l’évidence, nos intérêts trouvent leurs sources dans les terrains africanistes, ces problématiques ne doivent pas cependant se cantonner dans les champs africaniste et américaniste.

Les travaux du Colloque international se dérouleront les 27 et 28 mars 2009 sur les sites de Pau et de Bayonne de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Les propositions des intitulés des communications sont à adresser avant le 25 novembre 2008 au Secrétariat du Comité d’organisation : Mme Claude Santini : claude.santini@univ-pau.fr

Comité d’organisation :

- Hervé MAUPEU (CREPAO) : herve.maupeu@univ-pau.fr
- Abel KOUVOUAMA (ITEM/RAE) : abel.kouvouama@univ-pau.fr
- Gisèle PRIGNITZ (GRALP) : gisele.prignitz@univ-pau.fr
- Christiane ALBERT (CRPHL) : Christiane.albert@univ-pau.fr

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