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  L’enfant et le livre, l’enfant dans le livre : tensions à l’oeuvre

Appel à contribution

Colloque organisé par l’équipe de recherche de l’IUT de La Roche-sur-Yon

(LabÉCD, université de Nantes)
Lieu et date :
La Roche-sur-Yon, Institut Universitaire de Technologie,
Les 21 et 22 janvier 2010

Responsables : Daniel Aranda et Françoise Nicol

Envoi des propositions :
Vos propositions doivent être adressées avant le 1er juin 2009 à Daniel Aranda (daniel.aranda@univ-nantes.fr), sous la forme d’un titre (provisoire) et d’un résumé d’une quinzaine de lignes, avec une très brève notice indiquant notamment votre appartenance institutionnelle.

[Daniel.aranda@univ-nantes.fr]

Présentation

Depuis le XIXe siècle au moins les éditeurs proposent des livres configurés pour un public enfantin ; ils diffusent également des livres dans lesquels une histoire est rapportée, qui comprend des personnages d’enfants. Ce sont souvent les mêmes ouvrages. Tout se passe comme si l’enfant objet du livre et l’enfant sujet du livre étaient deux notions distinctes mais indissociables. Il faut cependant se garder de conclure que l’origine historique et fonctionnelle commune de ces deux phénomènes garantirait leur coexistence pacifique. Des tensions existent, sans doute nécessaires au bon fonctionnement du doublet « l’enfant et le livre »/« l’enfant dans le livre ». Qu’on songe à ces nombreuses fictions - celles d’un Malot par exemple - qui dispensent à un jeune public, lecteurs aisés, oisifs et sédentaires, le spectacle d’enfant misérables, constamment sur les routes et en quête de travail. L’écart sociologique entre l’enfant personnage et l’enfant lecteur engendre ici une tension dont les objectifs éducatifs ne font guère de doute.

Mais les tensions existent aussi à l’intérieur de ces catégories. Ainsi l’enfant personnage de livre n’est jamais mis en scène que par des auteurs adultes : les exemples de fictions créées par un ou des enfants, contenant des personnages d’enfants et qui auraient été publiées, sont rarissimes. Le champ des pratiques scolaires d’ateliers de rédaction est distinct de celui de la filière livre, ce qui fait que les personnages enfants créés par des enfants sont confinés dans le domaine de l’oralité, ou du cahier manuscrit ou tapuscrit : qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en afflige, il restent en dehors du livre.

Le colloque « L’enfant et le livre, l’enfant dans le livre » entend explorer les foyers de tensions qu’engendrent la mise en corrélation de l’enfant et du livre, l’insertion de l’enfant dans le livre. Auteurs, chercheurs, libraires et bibliothécaires, critiques littéraires, sont sollicités pour faire part de leur expérience et de leurs réflexions sur cette question transverse qui relève de la littérature au sens large - pas seulement de la littérature pour la jeunesse - mais aussi des sciences de l’éducation, de la psychologie et de la sociologie, de l’anthropologie, des sciences de la communication... Quatre pistes sont proposées ici à titre indicatif :

1) « Héros adultes pour lecteurs enfants, héros enfants pour lecteurs adultes »
L’adéquation entre l’âge du héros et l’âge du lecteur est une constante qui connaît des exceptions. Pendant une grande partie de sa carrière Jules Verne met en oeuvre des héros adultes qui animent des histoires destinées à la jeunesse. Symétriquement on peut imaginer qu’un enfant est le héros d’un récit destiné, au moins au départ, à un public adulte. Quels présupposés narratifs, éducatifs, idéologiques implique cette disparité choisie ?

2) « De l’émulation aux conflits entre enfants : quels scénarios pour quels rapports de force dans la littérature »

Les rapports conflictuels entre enfants et adultes, ou entre enfants et institutions imaginées par des adultes, font souvent l’objet de fictions littéraires et ont régulièrement été étudiés. C’est sans doute moins vrai des situations d’émulation, de concurrence ou d’affrontement entre enfants que donne à voir la littérature destinée ou pas à un public enfantin. Que peut-on dire à ce sujet ?

3) « Le dénouement, ou la résolution des tensions »

On considère depuis Aristote que le dénouement doit résoudre le jeu des contradictions que l’histoire a mis en place. Qu’en est-il des livres pour enfants ? Produisent-ils des dénouements malheureux, tempérés ou pas par une stratégie psychologique de compassion ou de consolation à laquelle doit adhérer l’enfant lecteur ? Proposent-ils même comme une certaine littérature moderne des histoires sans dénouement, ou dont le dénouement ne consiste plus à accorder la victoire à l’un et la défaite à l’autre ?

4) « Création et contraintes éditoriales »

Une table ronde réunissant auteurs et éditeurs devrait permettre de traiter une autre source possible de tensions : beaucoup des ouvrages contemporains s’inscrivent dans des collections, gouvernées par une ligne éditoriale. Certes, Louis Dubost, l’éditeur du Farfadet bleu, destiné aux « enfants à partir de cinq ans et jusqu’à plus que centenaires », récuse comme d’autres ce terme auquel il préfère celui de « climat ». Mais la réalité de ces contraintes éditoriales semble réelle, qui porte sur les thématiques, les formats, et peut-être surtout les « cibles » visées... Ces contraintes infléchissent-elles la création ? Des limites sont-elles imposées aux écrivains ou aux artistes qui "illustrent" ces livres et si oui, lesquelles ? Où s’arrête, au fond, le concept de « littérature pour la jeunesse » ?

Comité scientifique :

Francis Marcoin (CRELID, université d’Artois) ; Daniel Aranda ; Philippe Guimard ; Françoise Nicol ; Isabelle Nocus ; Catherine Sellenet (LabÉCD, université de Nantes)

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