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  La littérature d’enfance et de jeunesse entre local et universel

Nous reprenons ici une réflexion engagée par le réseau "Littératures d’enfance" de l’A.U.F. en 2006 et diffusé notamment par son bulletin n° 8 de mars 2007.
Elle nous semble donner un éclairage important au sens de notre travail, à partir de la notion de "territoire", permettant d’associer l’histoire et l’aujourd’hui, et d’engager un débat qui dépasse le cadre de domaines réservées d’appropriation des littératures d’enfance et de jeunesse.
N’hésitez pas à réagir à ce texte, à l’amender, pour qu’il reflète au mieux la diversité qui nous anime.

« Territoires des littératures d’enfance et identité »

Au fil de divers colloques et journées scientifiques qui se sont tenues ces dernières années ainsi qu’au vu des projets de rencontres pour 2009, s’affirme la reconnaissance de la valeur heuristique des problématiques de « territoires », pris entre « le local » et « la mondalisation », entre « nationalités » et « universel ».

L’approche de la question des « lieux et espaces en littératures d’enfance » à laquelle ont été consacrées les journées d’études à Targoviste (Roumanie), en 2006, plaident en ce sens.

Poser la question d’une littérature d’enfance et de jeunesse en terme de « nationalités » et de « mondialisation », c’est reprendre l’histoire et le présent de cette littérature à travers l’émergence du sentiment de la communauté, nécessairement rattachée à la question de la langue.
Pensons ainsi à l’Allemagne des frères Grimm ;
Pensons au poète-héros de l’indépendance hongrois Sándor Petöfi et à son œuvre Jean le Preux largement reprise pour la jeunesse dans son pays ;
Pensons au Québec qui développe de manière volontariste une politique de livre jeunesse en français,…
Pensons aux perspectives multiples des « territoires » qui aujourd’hui (mais n’en fut-il pas de même autrefois ?) sont souvent « déterritorialisés » (nomadisme d’une grande partie des populations du monde, rattachement à un « territoire » ou à une « communauté » par les liens sur Internet plus que par la proximité physique,…)

Quant à la réalité sociale et économique d’un pays, elle existe bien dans ses frontières actuelles, mais aussi dans la dimension internationale qui peut la soutenir ou l’étouffer. Ainsi dans un domaine de notre champ, on constate que les appels d’offre de la Banque mondiale pour la réalisation de livres scolaires en Afrique ont longtemps été organisés de telle sorte qu’aucun éditeur africain n’était en mesure de pouvoir soumissionner. En zone francophone, seuls les éditeurs français ou canadiens emportaient les marchés.

La « mondialisation » n’est pourtant pas à percevoir uniquement en terme d’écrasement d’une culture par une autre et le texte adopté par l’UNESCO en 2007 sur cette question constitue une référence complémentaire. La « mondialisation » c’est aussi l’avancée des droits de l’homme, la diffusion de l’information dans les réseaux numériques,… En ce sens nous préférons employer le terme « d’universel ».

« Humanisme » et « citoyenneté » sont dès lors deux termes significatifs pour situer l’éthique qui sous-tend notre action.

Notre démarche scientifique comporte donc nécessairement une position éthique.

Le débat fondamental en littératures d’enfance ne se situe pas entre « pédagogie » et « lecture-plaisir ».

Il doit être replacé au cœur d’une éthique de l’enfance et d’une réflexion sur quel enfant pour quel adulte et quelle société nous voulons ?

Cela explique aussi pourquoi nous souhaitons associer à nos travaux des chercheurs de nombreuses disciplines, inclue par exemple la philosophie pour penser le monde de l’enfance.