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  Littérature de jeunesse et diversité culturelle hier et aujourd’hui

Appel à communications

Ce colloque est organisée par l’I.R.S.C.L., association internationale anglophone. Nous diffusons cette information parce qu’ainsi que vous le verrez en fin de présentation, les communications pourront être réalisées en anglais, français, allemand et espagnol. Saluons cet effort - rares- pour que les chercheurs d’aires linguistiques différentes puissent avoir occasion d’échanges. Il serait évidemment intéressant que des collègues de langue française puissent participer en nombre à cet échange qui se déroulera à Francfort (Allemagne).

Congrès de l’International Research Society for Children’s Literature
Francfort, Allemagne, 8-12 août 2009

Littérature de jeunesse et diversité culturelle hier et aujourd’hui

Appel à communications, tables rondes et affiches

Dans tous les pays, sur chaque continent, les enfants et les jeunes grandissent dans divers milieux culturels et empruntent des voies différentes pour développer une identité culturelle. Ils peuvent grandir dans la culture de leurs ancêtres mais croiser d’autres cultures hors de leur foyer et de leur famille. Ou bien ils grandissent parfois dans des familles où les relations interculturelles et interraciales constituent la norme.
Certains sont obligés, dans leur enfance ou leur jeunesse, de quitter leur culture natale pour vivre dans un pays étranger au sein d’un environnement culturel différent. Ils ont parfois conscience de la façon dont leur propre culture (leur propre langue, leur propre religion) est gommée par les puissances étrangères et dont on leur impose une autre culture (une autre langue, une autre religion).
Cependant, les enfants et les jeunes qui ne connaissent pas la diversité culturelle peuvent aussi se montrer curieux d’autres cultures, de contrées lointaines, de peuples « exotiques » ; ils peuvent satisfaire cette curiosité par le voyage ou par la lecture de livres qui nourrissent leur imagination.
On s’accorde généralement à dire que faire dans son enfance l’expérience (heureuse ou triste, positive ou traumatisante) des différences et des contrastes culturels marque durablement. Cela a un impact sur la façon dont on appréhende plus tard non seulement sa propre culture mais aussi les autres. Cette expérience précoce est largement responsable d’attitudes d’ouverture ou de rejet, de tolérance et d’intolérance, pacifiques ou bien hostiles et agressives.
La littérature pour la jeunesse a toujours été utilisée partout dans le monde afin de permettre une socialisation culturelle, de transmettre des connaissances sur sa propre culture ou sur celle d’autrui et de susciter des comportements vis-à-vis de sa culture d’origine et des cultures étrangères. De notre point de vue contemporain, ce rôle aura été à la fois positif et négatif : d’un côté, il a contribué à promouvoir l’ouverture et la tolérance, tandis que de l’autre il encourageait l’exclusion, le rejet, le mépris et la haine. La littérature pour la jeunesse s’est aussi efforcée de faire la part belle aux expériences et aux émotions des enfants et des jeunes ayant subi une répression culturelle ou ayant dû quitter leur foyer pour s’intégrer dans un milieu étranger. Elle a aidé des jeunes gens victimes d’un conflit culturel à prendre leur vie en main tout en suscitant compréhension et empathie de la part de ceux qui n’étaient pas directement concernés.
L’établissement d’une société médiatisée grâce à une communication mondiale a rendu les cultures étrangères accessibles au quotidien dans des proportions encore inédites. Les enfants peuvent difficilement ignorer le flot d’informations et d’images produits dans tous les pays du monde par les médias électroniques. C’est ainsi que les conditions de base que requiert une socialisation culturelle sont devenues plus difficiles, délicates et instables. L’une des réactions à un flou culturel produit par la mondialisation, dans beaucoup d’endroits, a été une identification excessive à sa propre culture ou à sa propre religion, qui s’est soldée la plupart du temps par une dépréciation, voire un mépris des autres cultures et religions.
Pour la littérature de jeunesse et les autres modes d’expression s’adressant aux enfants, le défi consiste à participer à la création d’une société mondiale fondée sur la tolérance culturelle et religieuse, ce qui implique non seulement que les cultures et les religions cohabitent dans la paix, mais aussi qu’elles s’influencent réciproquement en se plaçant sur un pied d’égalité.

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Il est impossible d’énumérer de façon exhaustive les multiples facettes que recouvre le thème du congrès, d’autant plus que les différents pays et les différentes cultures ne porteront pas le même regard sur ces aspects. Les rubriques qui suivent doivent donc être prises comme des suggestions et n’ont pas pour objet d’exclure des dimensions du thème principal qu’elles n’évoqueraient pas. De plus, bien que cette liste ne mentionne que la littérature pour la jeunesse, il est toujours sous-entendu qu’elle inclut également d’autres médias, comme l’album, les récits graphiques, la bande dessinée, les mangas, les films, les séries télévisées, les jeux vidéo etc.

Littérature de jeunesse et culture d’origine
- origine culturelle (et nationale) et mythes fondateurs en littérature de jeunesse
- les épopées nationales comme lectures pour l’enfance et la jeunesse
- littérature de jeunesse patriotique, (ethno-)nationaliste, chauvine
- littérature d’enfance et de jeunesse régionale, locale
- le folklore national comme vecteur de construction de l’identité culturelle
- rituels (militaires inclus) façonnant une identité culturelle (nationale) en littérature de jeunesse
- luttes d’émancipation culturelle et / ou nationale dans les romans (historiques) pour l’enfance et la jeunesse

Littérature de jeunesse et cultures d’ailleurs
- cultures d’ailleurs / terres étrangères dans les récits de voyage et les romans de voyage et d’aventure pour l’enfance et la jeunesse
- récits d’émigration et romans pour l’enfance et la jeunesse
- littérature coloniale pour l’enfance et la jeunesse
- cultures étrangères fictives dans les utopies, dystopies et dans la science-fiction pour l’enfance et la jeunesse ;
- le choc des cultures dans les récits fantastiques et merveilleux pour l’enfance et la jeunesse.

Religion d’origine et autres religions en littérature de jeunesse
- les religions du monde comme thème des ouvrages documentaires pour l’enfance et la jeunesse ;
- l’éveil d’une conscience religieuse ou la conversion à une autre religion dans les romans pour l’enfance et la jeunesse ;
- les romans missionnaires pour l’enfance et la jeunesse ;
- guerres et conflits de religions dans les sociétés multiculturelles vus par la littérature pour la jeunesse ;
- les motifs religieux dans les récits fantastiques et merveilleux pour l’enfance et la jeunesse.

Migrations et multiculturalisme en littérature de jeunesse
- migrations postcoloniales, immigration vers les pays dits « du Premier Monde » en littérature de jeunesse ;
- « littérature immigrante » pour l’enfance et la jeunesse (dont les auteurs sont issus d’un milieu d’immigrants) ;
- littérature mettant en scène des réfugiés et les relations entre réfugiés et autres groupes
- littérature pour l’enfance et la jeunesse des / sur les minorités culturelles ;
- description de garçons et de filles appartenant à la première, seconde ou troisième génération d’immigrants ;
- modèles d’hybridité culturelle en littérature pour la jeunesse ;
- livres pour enfants bilingues ou multilingues dans des contextes multiculturels ;
- littérature pour la jeunesse et concepts d’éducation multiculturelle.

La traduction de la littérature pour la jeunesse d’un point de vue interculturel
- la traduction littéraire pour la jeunesse : approches visant à éliminer ou à maintenir les éléments culturels « étrangers » ;
- la littérature de jeunesse traduite comme acte de déformation par une culture étrangère ou comme stimulation de la culture d’origine ;
- la traduction de la littérature de jeunesse comme contribution à « l’entente entre les peuples » ;
- politiques de traduction dans les sociétés « ouvertes » ou « fermées » ;
- les réseaux de traduction liant le « premier », le « second » et le « tiers » mondes et l’hégémonie des pays anglophones ;
- le commerce des droits internationaux et son contexte économique.

Politique littéraire et théorique d’un point de vue interculturel
- la notion de littérature mondiale pour la jeunesse comme résultat d’une tentative d’hégémonie culturelle ou comme consensus transculturel sur un canon possible ;
- les « classiques » de la littérature de jeunesse : promotion ou destruction de la diversité culturelle ?
- la mondialisation du marché de la littérature de jeunesse et des médias destinés aux jeunes d’un point de vue interculturel ;
- marché et commerce mondiaux des textes et des genres relevant du multimédia et leurs effets sur la production culturelle ;
- avantages et inconvénients de l’internationalisation de la recherche en littérature de jeunesse ;
- champs théoriques (par exemple les études postcoloniales, la Critical Race Theory ou les whiteness studies) et leurs implications pour la littérature de jeunesse ;
- littérature de jeunesse et politique de la langue (langues vulnérables, langues imposées, stratégies liées à la langue) ;
- l’impact des nouvelles technologies sur la langue et la thématique de la littérature de jeunesse ;
- le rôle de l’anglais comme lingua franca.

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Merci d’envoyer vos propositions (250 mots maximum) et une brève biographie (50 mots maximum) sous forme de mèl, dans le corps du message. Prière de ne pas joindre de fichiers ou d’images attachés.
Dans le cas d’une proposition de table ronde, merci d’indiquer clairement les noms et la nature de la participation de tous les intervenants, et de fournir une biographie pour chacun d’eux.
Le matériel nécessaire à l’utilisation de Power Point sera disponible pour toutes les sessions du congrès ; aucun autre matériel audio-visuel ne sera proposé.
Les communications peuvent se faire en français, anglais, allemand ou espagnol.
Les propositions et biographies sont à envoyer au plus tard le 15 janvier 2009 à :

Virginie Douglas,
Université de Rouen, Institut International Charles Perrault
vdouglas.iicp@orange.fr